Trois.1 : à lire en ebook ou en broché ?

Background 2846221 1920Dans le parcours d'édition de l'aventure "Trois.1", le choix de l'ebook s'est rapidement révélé incontournable.

Mais la participation au concours des "Plumes francophones 2018" a imposé une version brochée.

Et au final, il s'avère que celle-ci est autant plébiscitée que le format électronique : oui, il y a encore des lecteurs qui préfèrent le papier aux pixels.

C'est une question de confort...

 

Au secours, un ebook !

 

Le premier argument des accros au papier, c'est le plaisir de tenir un livre en main, le soupeser, l'ouvrir, le feuilleter.

Ensuite, et c'est très flatteur pour un auteur, vient la question de la dédicace. C'est vrai que malgré ce que vendent certains, les outils pour une dédicace numérique qui ne nécessite pas un Master en électronique, c'est-à-dire faciles à utiliser (soyons encore plus clairs : avec la simplicité et la précision d'un stylo sur du papier), restent à inventer.

Et puis, les ebooks, c'est techniquement compliqué :

  • il y a des formats de fichiers différents, sur des liseuses hétérogènes - chaque éditeur a son format propriétaire, histoire de bien conserver sa clientèle captive,
  • une fois qu'on les a enregistrés quelque part, on est souvent bien en peine de savoir où : une liseuse à reconnecter à un ordinateur ? un compte en ligne ? le Cloud ? nulle part, en fait ? Un livre broché, au moins, on sait où il est : sur une étagère, dans un sac, sur le chevet, aux toilettes (allez, avouez ?)...
  • on s'aperçoit qu'on ne peut pas les lire où l'on veut, pire, qu'on ne peut même pas les partager ! Or, quoi de plus évident que de prêter un "vrai" livre ? Qui a déjà vu un bouquin papier "verrouillé" ?
  • encore un coûteux machin à traîner, et le comble, en noir et blanc, quelle horreur ! 
  • qui a jamais vu un livre ne pas pouvoir se lire parce qu'il était déchargé, ni avoir besoin d'un câble pour se recharger ? Mmh ?

 

 

Chouette, un ebook !

 

Voyons maintenant l'autre côté de la balance :

Ce qui a une réalité matérielle a une valeur. Effectivement : 14.99 € TTC (prix français) pour chaque exemplaire de "Trois.1". C'est le prix du papier, de l'impression, auquel il faut aujouter la plupart du temps celui du transport. Si le livre était disponible en librairie, via un éditeur, ce serait plus cher encore.

Et ne parlons pas de la galère de la BNF (Bibliothèque Nationale de France), laquelle exige une déclaration en bonne et due forme avec ISBN, et qu'une version papier lui soit envoyée gratuitement (OK, ne ne paie pas le port, mais il faut quand même débourser l'impression). Et attention, la dame est pointilleuse : un changement de couverture, elle s'en fiche, mais si on corrige une coquille, ô scandale, il faut tout recommencer (nouvel ISBN, nouvelle déclaration, nouvelle impression, nouvel envoi) ! Quand on voit la facilité avec laquelle on gère l'édition en ligne... on baisse bientôt les bras. Si on se demande pourquoi beaucoup d'auteurs boudent le lire papier, il ne faut pas regarder que du côté des éditeurs et des libraires qui engloutissent 80% du prix du livre... l'administration engloutit sa part de l'énergie de publication !

Les géants de la distribution de livres en ligne ont chacun une approche différente pour tenter de convaincre les lecteurs que les ebooks sont l'avenir :

  • Apple a - comme d'habitude - joué sur la carte "propriétaire, parce que c'est cool pour vous et c'est tout bénéf' pour moi". Résultat : les ebooks (format epub) sont certes lisibles en couleur, mais uniquement sur les appareils de la marque : IPod, IPad, IPhone (quelqu'un a remarqué le "I" à chaque fois ? "Moi, moi, moi" !). Ce qui signifie également que la vaste majorité des livres est en DRM, c'est-à-dire verrouillés, et si le compte n'est pas bien configuré, illisible ailleurs que sur un support bien identifié.
     
  • Amazon a une démarche orientée client, donc beaucoup plus ouverte sur les solutions à lui apporter. Ses développeurs ont donc conçu des applications qui permettent de lire les fichiers (format mobi) sur tous les supports : PC ou Mac (eux au moins, ils font l'effort...), intelliphone ou tablette.
     
  • Kobo, marque gérée par la FNAC et Rakuten, concurrents des deux précédents, s'y est mis aussi.

Donc exit les arguments liés aux liseuses ; elles devraient même devenir obsolètes, à terme.

Autre argument qui saute : celui de ne pouvoir feuilleter ou annoter un ebook. Pas fous, les développeurs ont bien compris que le geste du doigt (qui peut être mortel sur du papier, souvenez-vous du "Nom de la Rose" !) est symbolique, et l'ont transposé dans leurs applications, en même temps que les possibilités de surligner, annoter, glisser un signet. En plus, on a le choix de l'orientation, de la police et de la taille des caractères...

Pour un auteur, l'ebook présente également un moyen exceptionnel de partager des sources, voire des ressources : le lien hypertexte. Avec cela, un simple clic permet d'indiquer un site intéressant, fournir des explications supplémentaires, voire dispenser un peu de culture au-delà du livre ! Comme sur un blog, mais dans le cadre d'une histoire - au cours de la rédaction de "Trois.1", cette partie de recherches a été de vrais moments de bonheur, à l'idée de diffuser non seulement un univers, mais aussi des connaissances ! Si vous avez la curiosité de cliquer sur les liens glissés dans "Trois.1 : Synopsis anglais", "Trois.1 : Production américaine", ou "Trois.1 : Réalisation française", vous verrez que la partie des Notes est conséquente : poursuivez la découverte et amusez-vous à vérifier les informations !

L'autre gros avantage d'un ebook, c'est le fait de disposer de dizaines, voire de centaines de livres, dans un espace des plus réduits. Une immense bibliothèque transportable, partout (pourvu que l'appareil soit chargé et qu'il ait éventuellement accès à internet si les fichiers sont dans le Cloud).

Enfin, et non des moindres, le prix des ebooks plaide pour eux : "Trois.1" est près de 5 fois moins cher en version électronique qu'en version papier ! Et en toute transparence, pour le bénéfice commun du distributeur, du lecteur... et de l'auteur, s'il est auto-édité. Si, évidemment, s'intercale un éditeur soucieux de rentrer dans ses frais marketing, ou un peu gourmand, alors le prix remonte presqu'au niveau de la version papier... mais ceci est un autre débat.

 

Alors, match nul ?

 

Tout bien considéré, il n'y a pas vraiment match, mais complémentarité.

Support papier ou dématérialisé, il y en a pour tous les goûts, toutes les habitudes, toutes les bourses.

C'est une richesse d'avoir un tel choix. En tant qu'auteur, j'aurais manqué d'une réelle chance de partager l'aventure de "Trois.1" avec ses lecteurs si j'en étais restée uniquement à l'ebook.

Donc, quelle que soit votre préférence, il ne compte finalement qu'une seule chose : le plaisir de lire.

Enjoy !

Trois.1 ebook & livre broché